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Chef-lieu du Var, sur la baie et la rade de Toulon, en Provence, au pied du mont Faron ; la ville compte 160 410 habitants [estimation 1999 ] (Toulonnais ) et son agglomération 406 980 habitants [estimation 1999 ].

C'est un port de commerce (0,25 Mt ), de pêche et de voyageurs (7,4 millions, au Brégaillon ), ainsi qu'un centre industriel : constructions mécaniques et navales ; textile ; chimie ; bois et liège.

Elle possède une université récente, une grande base navale (préfecture maritime ) et un arsenal. Marché aux fleurs.

Des débuts modestes

Si exceptionnel qu'il fût, le site de Toulon ne semble pas avoir suscité l'intérêt des Grecs et des Romains.
Ceux -ci, toutefois, avaient fait de la rade un point de relâche de leurs bateaux de commerce, et installé dans la bourgade – citée dans l'Itinéraire d'Antonin sous le nom de Telo Martius – l'une des deux teintureries impériales de Gaule (la seconde étant Narbonne ).
Cette teinturerie utilisait la pourpre, le murex, coquillage abondant sur cette partie de la côte, et le kermès, insecte dont les œufs contiennent une poussière rouge fortement colorée qui vit sur les chênes et qui recouvraient les collines environnantes.

Siège d'un évêché à partir du Ve siècle, pillée fréquemment par les pirates et les Sarrasins, Toulon reste longtemps un bourg sans grande importance.


Le port militaire

Le rattachement de la Provence à la France, en 1481, marque les débuts d'un nouveau destin.

Utilisée comme port de guerre à l'occasion des guerres d'Italie, Toulon entreprend sous Louis XII quelques travaux (construction de la Grosse Tour, en 1514, à l'entrée de la Petite Rade ) encore bien insuffisants pour le rôle qu'elle va jouer : la ville sera facilement envahie par les troupes impériales de Charles Quint en 1524 et 1536.

Sous Henri IV, une nouvelle enceinte est construite en 1589, des terrains sont réservés à la fondation d'un arsenal en 1599, et, en 1610, une darse de quinze hectares est aménagée.

En 1639, Richelieu décide de créer une marine militaire et de faire de Toulon le centre stratégique, face au Levant, de tous les armements maritimes de la Méditerranée.

Mais c'est sous Louis XIV que la ville prend une réelle expansion. En 1664, Colbert fait agrandir l'arsenal.
En 1678, il charge Vauban de l'étendre encore, de créer la Darse Neuve, et de repousser l'enceinte de la ville vers l'ouest.

Pour éviter l'envasement de la rade et assainir les terres marécageuses, les eaux des ruisseaux descendus du mont Caume sont détournées beaucoup plus à l'ouest.

À l'abri de ses remparts, renforcés par ses défenses avancées en divers point de la côte et sur les sommets environnants, Toulon développe, tout au long des siècles suivants, sa fonction militaire.

En 1707, à l'occasion des guerres de la Succession d'Espagne, la ville tient un siège victorieux de deux semaines devant les troupes des Impériaux et du duc de Savoie. Mais l'épidémie de peste de 1720 fera 15 000 victimes sur 26 000 habitants. Durant les XVIIe et XVIIIe siècles, la rade continue d'être fortifiée par la construction des forts Saint-Louis et Lamalgue, des ouvrages des îles d'Hyères, etc.


Révolution et insurrections fédéralistes

Vient alors la Révolution et les insurrections qu'elle engendre en Provence à la mort de Louis XVI.
À l'occasion d'un mouvement contre-révolutionnaire, les Britanniques proposent aux royalistes de leur garantir la ville.

Ces derniers acceptent mais n'en exécutent pas la contrepartie, c'est-à-dire le désarmement de la flotte française : les Britanniques occupent Toulon durant l'été 1793.

Les armées de la Convention assiègent alors la ville et, grâce à une opération de Bonaparte, s'en rendent maîtres le 19 décembre 1793.
Le jeune capitaine d'artillerie y gagne directement ses galons de général ;
la «ville infâme » est rebaptisée «Port-de-la-Montagne », et les conventionnels Fréron et Fouché exercent de sanglantes représailles.


Toulon au XIXe siècle

En 1830 part de Toulon la flotte qui, sous le commandement de l'amiral Duperré, prend Alger.
De cet événement naît une période faste pour la ville qui devient, dans les années qui suivent la conquête, le lieu de transit des convois militaires, des passagers et des marchandises. L'enceinte de Vauban, devenue trop exiguë, est remplacée, en 1852, par une nouvelle ceinture bastionnée, et la rade est considérablement agrandie.


La Seconde Guerre mondiale

En 1923, les remparts sont en partie détruits.

C'est la Seconde Guerre mondiale qui, à deux reprises, donne à la ville le premier rang de l'actualité militaire : en 1942, lors de l'occupation de la zone libre, la flotte se saborde afin d'éviter de tomber aux mains des Allemands ;
le 15 août 1945, les Alliés débarquent en Provence et libèrent Toulon une semaine plus tard.
Après la guerre, le port et la ville (environ 4 000 maisons détruites ) sont à reconstruire.